• La guerre des coudes

    Date: 2009.10.05 | Category: Futilités | Tags:

    Hier je me suis retrouvé dans un train au fauteuil 65. Dans ce train, le numéro 65 était arrivée ex aequo avec le numéro 46 au concours de la place la moins confortable.

    Au début tout allait bien, le train était encore vide et mon coude droit avait préempté l’accoudoir droit sans même que j’y pense. Quelques minutes plus tard une grosse dame vraisemblablement de nationalité américaine est venue s’asseoir à coté de moi (au siège 66 donc) interposant son quintal entre moi et la possibilité d’une évacuation en un temps raisonnable en cas de besoin.

    Au moment précis où je me saisissais du journal du TGV (Toujours plein d’informations captivantes), j’ai réalisé que je venais de commettre une erreur irréparable. Quelques secondes plus tard alors que mon coude était en train de regagner sa juste place j’ai senti comme une présence flasque compromettant mon projet de colonisation de l’accoudoir mitoyen.

    Alors que je commençais à me résoudre à l’idée inconfortable de voyager avec un coude dans le vide, le passage du contrôleur m’a ouvert une opportunité en or de reconquête de ce territoire dont j’avais été injustement spolié. Ni une ni deux, j’ai sorti mon billet et au moment même où ma voisine a tenté une délicate manœuvre pour récupérer son sac sous son fauteuil, mon coude droit a pris une position solide et indéboulonnable sur l’accoudoir. Je me suis alors juré de ne plus baisser la garde quitte à mourir de faim en contemplant mon billet à la main s’il le fallait.

    Cette technique a été relativement efficace jusqu’à ce qu’a ce qu’une envie pressante se fasse ressentir, activité impossible à réaliser sans quitter l’acoudoir convoité.