Archives pour la catégorie ‘Futilités’
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Train
Je me suis souvent demandé pourquoi dans les vieux films le chef de gare annonce toujours le départ imminent du train en lançant un amical « en voiture » aux passagers qui font leurs adieux sur le quai. Il me paraîtrait en effet plus approprié d’employer une expression du type « en wagon » ou bien « en rame » s’il s’agit d’un train moderne.
De la même manière, je me suis souvent demandé d’où pouvait venir l’expression « en voiture Simone ». Est il possible que les Simone se déplacent plus fréquemment en train que d’autres prénoms de la même génération comme Gisèle ou Jocelyne ?
Il a dans le voyage en TGV une foule de petits plaisirs, parmi eux, découvrir qu’on a réservé une place dans le sens de la marche (je ne comprends pas que l’on soit à quelques années de pouvoir envoyer des hommes sur mars et qu’il soit le plus souvent impossible de réserver avec certitude un place dans le sens de la marche), déloger ce sale type qui s’est assis dans le fauteuil que vous aviez réservé en lui lançant un « je crois que vous êtes à ma place » plein de mépris, déambuler à travers tous les wagons, être un peu inquiet à l’idée ceux-ci puissent se détacher au moment précis ou l’on se trouve entre deux voitures, passer sa tête en dehors de la vitre et s’étourdir du souffle du vent (encore plus chouette quand on est dans un virage et que l’on peut voir tout le train devant soi), se tuer les yeux en essayant de lire le panneau de la gare que l’on traverse à toute allure ou prendre un café à la voiture bar tout en doublant sans effort les berlines les plus puissantes qui se trainent sur la voie de gauche des autoroutes.
Plus tard, on se rendra compte qu’arriver à l’heure avec la SNCF est un miracle.
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Monsieur Madame
Les messieurs et mesdames bonshommes, on les connait bien. Ce sont de grosses têtes avec des bras à la place des oreilles et des pieds directement attachés à la tête.Pas de tronc, pas de cou, et pourtant dans les les histoires de Roger Hargreaves, ces personnages ont l’air de mener une vie tout à fait normal et la plupart (mis à part peut être Monsieur Grincheux ou Grognon) ont l’air tout à fait heureux de leur sort.
Pourtant, une simple étude approfondie de leur situation nous amène pourtant assez rapidement qu’au contraire, leur vie quotidienne est un véritable calvaire.
Déjà, les monsieur-madame n’ont pas de tronc. Ils sont donc obligé d’être debout, ou allongé. On n’a jamais vu de Monsieur Madame assis, ou alors le lecteur s’est laissé emmener dans quelques artifices littéraires ne souffrant pas l’analyse sérieuse.
Ils doivent donc conduire débout, ou allongé. D’ailleurs, faute de cou, ils ne peuvent pas tourner la tête, mais doivent pivoter sur un pied pour regarder à droite ou à gauche. A l’arrêt marqué par un stop, le monsieur bonhomme ne peut donc pas vérifier que la voie est libre pour s’engager dans la circulation.
Les bras des messieurs bonshommes sont rattachés au niveau de leurs oreilles ; au dessus de la bouche. Pour manger, ils doivent descendre la nourriture à la bouche, laquelle, juste au dessus des pieds, ne doit d’ailleurs par rester trop souvent ouverte, sinon ils amasseraient ce qui traine au niveau du sol. Ce qui permet de marquer deux observations : les messieurs bonshommes ne peuvent pas manger à table, mais au sol. Ensuite, ils n’ont pas d’estomac (puisque rappelons le une fois de plus, ils n’ont pas de tronc). Du coup, je pense que les Monsieur bonhomme ne mange pas. D’ailleurs, rien ne nous permet de prouver que le bras d’un monsieur bonhomme lui permette d’atteindre la bouche.
Les messieurs bonshommes ne respirent pas non plus, pourtant plusieurs d’entres eux possèdent un nez. Il faudrait enquêter auprès d’un échantillon de la population des messieurs madame, pour notamment percer ce mystère. Dans l’histoire de l’évolution, jamais une créature vivante ne s’est vue dôtée d’un organe ou d’un membre qui n’a pas d’utilité. L’hypothèse la plus probable serait que ce nez sert d’organe reproducteur.
Une rapide – mais rigoureuse – analyse nous montre que la vie des messieurs bonshommes semblent pleines de difficultés. Pourtant, ces créatures prennent le temps de nous faire des leçons de vie, nous apprenant les bonnes manières et l’élégance. Quel cran.
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Carte de Saint Valentin

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Ephémère
Il y a quelques mois la communauté scientifique nous a gratifié d’une seconde supplémentaire.
Je n’ai pas compris toutes les raisons qui ont motivé cet ajustement, mais j’aime assez ce coté joueur qu’ont les scientifiques qui les pousse à glisser, ici ou là, une seconde voire une heure supplémentaire pendant que les gens dorment.
Ce que je trouve assez effrayant par contre, c’est que si les médias ne s’étaient pas largement fait écho de cet évènement dans une période ou l’actualité est un peu creuse, on ne se serait sans doute aperçu de rien et on aurait négligemment remis sa montre à l’heure, un peu par hasard un dimanche d’avril, en constatant qu’il est quand même étrange que le journal de vingt heures commence une seconde trop tôt.
Ce que je trouve encore plus effrayant c’est que si ça se trouve, la communauté scientifique, quand elle s’ennuie, s’amuse peut être à ajouter ou enlever des minutes suite à des paris stupides à la machine à café.
Cette théorie pourrait expliquer un certain nombre de phénomènes assez étranges :
Ainsi, le train de 19h08 qui arrive à 19h22 pourrait être la conséquence de l’intercalage entre 19h07 et 19h08 d’une tranche de 14 minutes par un fonctionnaire du ministère du temps (organisation souterraine dont l’existence est tenue secrète pour des raisons évidentes)
De la même façon, le train de 14h44 qu’on pensait pouvoir attraper sans aucun problème tant on avait méticuleusement choisi l’heure de son départ du lycée dans un but de synchronisation ferroviaire parfaite et que l’on voit partir alors qu’il est seulement 14h40 et qu’on est encore à 100 mètres de la gare est probablement l’oeuvre d’un autre fonctionnaire qui après un pot de départ exagérément alcoolisé a décidé, en revenant à son poste de travail vers 14h30, de supprimer une petite dizaine de minutes pour rigoler.
Les exemples sont nombreux, comme cette colle de math qui empiète sur l’heure du déjeuner alors qu’on est en pleine hypoglycémie pendant laquelle chaque minute semble durer un éternité également imputable à un fonctionnaire un peu tire au flanc qui fait durer sa pause déjeuner en intercalant une tranche d’un quart d’heure toutes les cinq minutes.
Pour revenir à cet ajustement, je trouve ça un peu idiot de rajouter une seconde qui ne sert à rien au milieu de la nuit, on devrait permettre à chacun d’en disposer comme bon lui semble, ou alors mettre de coté toutes ces secondes jusquà disposer d’une journée complète, si possible un dimanche.
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Le cadeau
Chaque année la période de Noël me rappelle tristement l’une des quelques incapacités chroniques dont je suis victime.
J’en prend conscience à chaque Noël (et aux anniversaires aussi) : je suis physiologique incapable de réussir un paquet cadeau.
Quand on est atteint de cette infirmité, le plus simple est de déléguer la tâche à une vendeuse cinquantenaires endimanchée et acariâtre qui empaquette à la hâte tout le samedi en attendant la pause. Je suis à chaque fois admiratif de la précision chirurgicale avec laquelle le prix est enlevé d’un coup de ciseau à bouts ronds (je me suis toujours demandé pourquoi on enlevait le prix des cadeaux : « j’ai fait enlever le prix de ce dvd, du coup jamais tu ne pourras retrouver combien je l’ai payé niark niark niark ». Je suis également toujours émerveillé de cette capacité qu’elles ont à découper, apparemment au pif, un morceau de papier cadeau qui à chaque fois possède des dimensions en adéquation exacte avec les proportions du cadeau.
Seulement voilà je n’ai pas toujours le temps ni la patience de rester une bonne demi-heure dans une file d’attente ronchonneuse et impatiente. Du coup, le plus souvent, je me retrouve au pied du mur devant un rouleau de papier cadeau, une paire de ciseau à bouts pointus, et un rouleau de scotch.
Le cauchemar commence toujours de la même façon : le bout du rouleau de scotch a été perdu et la transparence absolue de ce produit diabolique fait qu’à un moment donné on est même convaincu qu’il n’a pas d’extrémité.
Au bout d’une bonne vingtaine de minutes on se décide à tenter de faire une entaille pour fabriquer soi-même une amorce puisque l’extrémité naturelle a décidé de se tapir dans la profondeur du rouleau. Le résultat est en général assez décevant : soit la blessure est trop profonde, soit elle ne couvre pas toute la largeur du ruban et on a vite dépiauté la quasi-totalité du rouleau et on décide finalement d’entamer un ruban neuf à l’amorce encore intacte.
Ensuite les contrariétés s’accumulent, les dents sur le bord du papier, stigmates d’une découpe approximative, le constat trop tard que le morceau de papier est trop petit pour les dimensions du cadeau, les plis sur les bords qu’on arrive pas à dompter et, à la fin, un résultat à la vue duquel on a peine à croire qu’il représente une session de travail manuel laborieuse d’une bonne demi-heure et surtout la honte au moment où l’on dépose, le plus vite possible, le paquet au pied du sapin pour ne pas être identifié comme l’handicapé à l’origine de la confection du paquet cadeau, honte voisine de celle que l’on ressentait la semaine de la rentrée des classes quand on sortait son livre de Maths avec lequel on s’était battu toute la soirée de la veille dans le but de le recouvrir d’un film plastique pour le moins récalcitrant.