J’ai toujours trouvé étrange cette pratique qui consiste , lorsque l’on est chanteur, à faire semblant de chanter sous prétexte que ça ne se voit pas.
On pourrait croire que ce procédé honteux n’est utilisé que par les chanteurs de variétés qui préfèrent passer du temps à se droguer et à dîner à l’œil dans des restaurants à la mode plutôt que d’apprendre par cœur les paroles de leurs chansons.
Il n’en est rien.
Ainsi nombreux sont les plombiers qui font semblant de réparer une fuite afin que celle-ci empire et que vous faisiez de nouveau appel à eux en les suppliant d’effectuer des travaux de réparation de grande envergure contribuant ainsi à la progression obscène de leur marge brute.
Plus proche de nous dans le monde du travail, nous connaissons tous des gens qui font semblant de travailler en prenant un air affairé alors qu’ils passent la journée à jouer au démineur à l’abri de leur écran 17 pouces.
S’il est temps de dénoncer ces pratiques odieuses qui noyautent l’économie entière et freinent la croissance mondiale, il faut cependant reconnaître que la pratique du playback est quand même assez pratique lorsqu’on se trouve par hasard dans une église et qu’on ne connaît pas les paroles de chansons.
Je pourrais parler de ces mille choses qui font la vie sur les plages, les petits tout nu qui font pipi sur les châteaux de sables construits par leur ainés avant de se lancer dans leur méthodique destruction, des transistors qui hurlent, cette prouesse technique qui consiste à enfiler un maillot de bain pudiquement camouflé par une serviette pleine de sable, ces petits avions traînant des pubs en grosses lettres qui passent dans le ciel dont tout le monde se fout, cet exploit par deux fois désagréable (pour un garçon) qui consiste à rentrer dans une eau un peu trop froide.
Je pourrais m’interroger sur le fascinant phénomène des marées, me demander où passe toute cette eau quand la mer est basse. Est-ce qu’une marée basse à Arcachon correspond à une marée haute de l’autre coté de l’Atlantique ? Ou bien alors est ce que l’eau qui s’en va se retrouve quelque part au milieu de l’océan. Si c’est le cas alors la surface de l’océan n’est pas plane mais bombée en son centre (ce truc là se passe forcément au centre). Mais alors quand la mer est haute, il doit y avoir comme un grand creux au milieu de l’océan. De la même façon si les vagues viennent toujours du large, il doit y avoir un endroit au milieu de l’océan où se forment des vagues qui partent des deux cotés en même temps ? Est-ce le même endroit ??
Je pourrais m’amuser de cette particularité anatomique qu’ont les êtres humains, d’avoir les bras un peu trop courts ou pas assez mobiles qui fait qu’il existe une zone en haut du dos, grosse comme une pièce de cinq francs, physiologiquement impossible à tartiner soi même de crème solaire qui engendre sur la plage les contorsions les plus spectaculaires pour qui ne s’est pas rendu sur la plage avec mamour. Ou bien de cet air dégoûté que prend ledit mamour en tartinant ce dos aimé avec la grâce et la délicatesse d’un ouvrier du bâtiment gâchant un crépi.
Mais en fait, je crois que je ne vais rien faire de tout cela.