Il y a des gens qui ont une santé de cheval. Il y en a même d’autres qui se prennent pour des étalons. D’autres sont de vrais ânes. Toujours est-il que certains semblent avancer dans la vie avec des œillères. J’en connais un qui ne regarde ni à gauche, ni à droite. Il fonce. Droit devant lui. Tant pis s’il y a un mur.
On verra bien lequel des deux cèdera en premier.
Imaginez alors qu’on lui ôte ses deux oeillères. S’étale alors devant lui un panorama. Un champ entier, avec des fleurs sauvages dont il ne connaît même pas le nom. Il ne reconnaît que les pâquerettes, allez, et peut-être bien ces coquelicots. Mais le reste… Il n’avait pas vu non plus ces forêts, ni cet épouvantail, encore moins ce cadavre de renard. Il avançait tout droit, sur le petit sentier désherbé. Mais cet épouvantail, cette lisière… « Avoue, cela te fait peur. » A tâtons, je le vois qui cherche ses œillères, accroupi dans la poussière. Il les tient, les remet. Il souffle enfin. Il se sent revivre. Il n’est même pas conscient de son geste. Le voilà qui se remet à marcher. Et autour de lui, en parallèle, se dessine à travers champ des multitudes de sentiers, qui jamais ne se croisent. Comment s’appelle ce jeune homme ?
Allons, mais c’est vous bien sur.
C’est nous.
Tous.

Humm, beau texte